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April 9, 2025·7 min read·Astrilio Editorial Team

BRRRR vs Achat-Revente : Quelle Stratégie Immobilière Gagne au Canada ?

BRRRR (Acheter, Rénover, Louer, Refinancer, Répéter) vs achat-revente — une comparaison côte à côte des flux de trésorerie, des besoins en capitaux, du traitement fiscal et du refinancement sur le marché canadien. Découvrez quelle stratégie correspond à vos objectifs.

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La méthode BRRRR et la stratégie d'achat-revente partagent le même point de départ : trouver une propriété en difficulté ou sous-évaluée, l'acquérir en dessous du prix du marché et la rénover pour forcer la valorisation. La différence fondamentale — et marquée — réside dans ce qui se passe après la fin des travaux. Cette différence de stratégie de sortie se répercute sur les besoins en capitaux, l'exposition fiscale, le profil de flux de trésorerie et la trajectoire de création de patrimoine à long terme.

Déterminer laquelle de ces approches correspond le mieux à votre situation relève moins de la question de celle qui est objectivement « meilleure » que d'aligner la stratégie sur vos objectifs, votre base de capital, votre tolérance au risque et le marché dans lequel vous opérez.

La Différence Fondamentale

La méthode BRRRR — Acheter, Rénover, Louer, Refinancer, Répéter — est une stratégie d'acquisition et de détention dotée d'un moteur de recyclage du capital. Vous achetez une propriété en difficulté, la rénovez pour augmenter sa valeur estimée, la louez pour générer des revenus locatifs, puis la refinancez à la nouvelle valeur (plus élevée) pour extraire une part significative de votre capital investi. Ce capital extrait est ensuite réinvesti dans l'opération suivante. La propriété reste dans votre portefeuille et génère un flux de trésorerie mensuel indéfiniment.

La stratégie d'achat-revente est orientée vers la sortie. Vous achetez en difficulté, rénovez aux standards du marché et vendez — idéalement en quelques mois — pour capturer l'écart entre votre coût total et la valeur après rénovation (ARV). Le bénéfice est réalisé sous forme de somme forfaitaire. Il n'y a pas de revenus continus ; l'opération est totalement clôturée et le capital — ainsi que votre bénéfice — est disponible pour le projet suivant.

En résumé : BRRRR est un moteur de création de patrimoine ; l'achat-revente est un business de génération de capital. Les deux sont légitimes ; ils servent simplement des objectifs financiers différents.

Besoins en Capitaux

La dynamique des capitaux de ces deux stratégies est fondamentalement différente, et c'est souvent ce qui oriente les investisseurs vers l'une ou l'autre.

Avec le BRRRR, l'étape de refinancement est conçue pour restituer la majeure partie du capital investi. Un BRRRR réussi récupère généralement 70 à 80 % de l'apport initial et du budget de rénovation grâce au refinancement avec extraction de liquidités, vous laissant la propriété avec seulement 20 à 30 % de votre capital encore immobilisé dans l'opération. Avec le temps, un portefeuille BRRRR bien exécuté peut croître considérablement même avec une base de capital modeste, car chaque refinancement reconstitue ce que vous avez dépensé.

L'achat-revente nécessite de nouveaux capitaux pour chaque opération. Une fois que vous avez engagé des fonds dans un projet actif, ces euros sont bloqués jusqu'à la vente — généralement 3 à 9 mois selon l'ampleur de la rénovation et la dynamique du marché. Les investisseurs expérimentés ont souvent recours à des prêts à taux élevé ou à du financement privé pour augmenter leur capacité, mais les coûts de portage érodent rapidement les marges si la rénovation prend plus de temps que prévu ou si la vente tarde.

Profil de Flux de Trésorerie

C'est l'un des contrastes les plus saisissants entre les deux stratégies. Après un refinancement BRRRR réussi, la propriété génère des revenus locatifs mensuels — idéalement un flux de trésorerie positif après remboursement du prêt hypothécaire, impôts, assurances et entretien. Ces revenus s'accumulent sur des années et des décennies, offrant une stabilité financière et, à terme, des revenus passifs pouvant se substituer aux revenus d'activité.

L'achat-revente ne génère aucun revenu continu. Entre deux opérations, un investisseur en achat-revente ne perçoit aucun flux de trésorerie de ce capital. Le modèle économique nécessite un flux d'affaires constant pour continuer à générer des revenus, ce qui implique une recherche permanente d'opportunités, la gestion des entrepreneurs et un risque d'exécution continu.

Traitement Fiscal : Canada vs États-Unis

Le traitement fiscal est l'une des différences les plus importantes — et les plus souvent mal comprises — entre les deux stratégies.

BRRRR au Canada : En tant que propriétaire d'un bien locatif, vous pouvez déduire les intérêts hypothécaires, les impôts fonciers, les assurances, l'entretien, les frais de gestion locative et d'autres charges courantes de vos revenus locatifs. Lorsque vous vendez finalement une propriété BRRRR, le gain est généralement imposé en tant que gain en capital. L'avantage clé : vous différez l'événement fiscal jusqu'à ce que vous décidiez de vendre, potentiellement de nombreuses années ou décennies plus tard.

Achat-Revente au Canada : L'ARC a depuis longtemps considéré que les transactions immobilières fréquentes — dont l'objectif principal est le profit à la revente — constituent une activité commerciale. Les bénéfices d'une activité commerciale sont imposables à 100 % comme revenus ordinaires, et non comme gains en capital. Le gouvernement fédéral a introduit la règle sur le changement de propriétés résidentielles, en vigueur depuis le 1er janvier 2023. En vertu de cette règle, toute propriété vendue dans les 12 mois suivant l'acquisition est automatiquement considérée comme générant des revenus d'entreprise.

BRRRR aux États-Unis : Les avantages fiscaux des propriétés locatives américaines sont substantiels. La déductibilité des intérêts, l'amortissement (sur 27,5 ans en linéaire pour les biens résidentiels) et la possibilité d'effectuer un échange 1031 lors de la vente éventuelle — différant les plus-values indéfiniment — rendent le BRRRR très efficace sur le plan fiscal pour les investisseurs américains.

Conditions de Marché

Aucune stratégie ne fonctionne aussi bien dans tous les environnements de marché. Comprendre les conditions nécessaires à chaque stratégie vous aide à décider laquelle poursuivre maintenant sur votre marché spécifique.

Le BRRRR dépend de plusieurs conditions clés : il doit exister des vendeurs motivés prêts à vendre en dessous du marché ; les coûts de rénovation doivent être raisonnables par rapport à la valeur estimée après travaux ; les loyers doivent être suffisamment élevés pour couvrir le prêt hypothécaire post-refinancement et les charges ; et l'évaluateur doit valider votre valorisation forcée. Le BRRRR prospère sur les marchés à faible vacance, avec des loyers en hausse, un parc immobilier ancien propice à la rénovation et un écart entre les valeurs en difficulté et les valeurs de marché.

L'Approche Hybride

Les investisseurs expérimentés combinent fréquemment les deux stratégies au sein d'un même portefeuille, en utilisant chacune là où elle est le plus pertinente stratégiquement.

Une approche courante : revendre les propriétés qui ne satisfont pas aux critères BRRRR pour générer un capital forfaitaire, puis déployer ce capital dans des opérations BRRRR sur de meilleurs marchés locatifs. Les reventes financent le portefeuille ; les propriétés BRRRR construisent le patrimoine à long terme.

Comparaison des Stratégies

Facteur BRRRR Achat-Revente
Capital recyclé Oui — 70–80 % récupéré via refinancement avec extraction de liquidités Oui — 100 % récupéré à la vente (plus bénéfice)
Flux de trésorerie continu Oui — revenus locatifs mensuels après refinancement Non — bénéfice forfaitaire uniquement à la vente
Horizon temporel Long terme (années à décennies) Court terme (généralement 3–9 mois par opération)
Traitement fiscal (Canada) Plus-value à la vente éventuelle ; DPA disponible Revenus d'entreprise si vendu dans les 12 mois (règle 2023)
Dépendance au marché Nécessite une forte demande locative et une faible vacance Nécessite des prix en hausse et un vivier d'acheteurs liquide
Meilleur pour Création de patrimoine à long terme et revenus passifs Revenus actifs et génération de capital

Questions Fréquemment Posées

Peut-on faire du BRRRR au Canada avec un financement SCHL ?

Oui, mais avec des nuances importantes. La SCHL assure des prêts hypothécaires sur des propriétés avec moins de 20 % de mise de fonds, ce qui peut être utile lors du refinancement. Cependant, les prêts hypothécaires assurés par la SCHL ne peuvent pas dépasser la valeur la moins élevée entre le prix d'achat original ou la valeur estimée dans la plupart des scénarios de refinancement. Consultez un courtier hypothécaire spécialisé dans les propriétés d'investissement avant de structurer votre BRRRR autour du financement SCHL.

Combien de reventes avant que l'ARC considère cela comme une activité commerciale ?

Il n'existe pas de chiffre précis. L'ARC examine l'ensemble des circonstances : votre intention déclarée au moment de l'achat, la durée de détention de chaque propriété, si vous avez effectué des améliorations au-delà de ce qu'un investisseur typique ferait, et votre historique de transactions similaires. La règle de 2023 supprime l'ambiguïté pour les propriétés vendues dans les 12 mois — celles-ci constituent automatiquement des revenus d'entreprise quelle que soit votre intention.

Le BRRRR ou l'achat-revente est-il meilleur pour les débutants ?

Aucun n'est vraiment « facile » pour les débutants, mais ils comportent différents types de difficultés. Le BRRRR est plus indulgent si une opération tourne légèrement mal — une rénovation sous-optimale vous laisse tout de même une propriété locative génératrice de revenus. L'achat-revente est moins indulgent : les dépassements de coûts et les erreurs de timing de marché peuvent entraîner des pertes sans revenus continus pour les compenser.

Quel taux de capitalisation faut-il pour que le BRRRR fonctionne ?

Le taux de capitalisation dont vous avez besoin dépend de vos conditions de refinancement. En pratique, sur un marché canadien où les taux hypothécaires sont de 5 à 6 % et où vous refinancez à 75 % LTV, vous avez généralement besoin d'un taux de capitalisation de 5,5 à 7 %+ pour générer un flux de trésorerie positif. De nombreuses opérations BRRRR à Toronto ou Vancouver ne sont tout simplement pas rentables aux ratios prix/loyer actuels ; les chiffres s'améliorent considérablement sur les marchés secondaires comme Hamilton, Kitchener, Edmonton ou Calgary.